Vous avez aperçu une coquerelle dans votre cuisine ou votre sous-sol et vous ne savez pas exactement à quelle espèce vous avez affaire. À Montréal, trois espèces sont couramment rencontrées dans les logements et chacune a ses propres habitudes, ses zones de prédilection et ses signes distinctifs. Les identifier correctement, c’est la première étape pour évaluer la situation et décider des actions à prendre.
Pourquoi trouve-t-on des coquerelles à Montréal ?
Un environnement urbain favorable
Le parc immobilier montréalais est composé en grande partie de duplex, triplex et immeubles à logements multiples construits avant les années 1970. Ce qui offre aux coquerelles de nombreux points d’entrée : fissures dans les fondations, conduits de plomberie partagés, espaces entre les murs et passages communs entre unités. Ces insectes se déplacent facilement d’un logement à l’autre sans jamais sortir à l’extérieur.
La saison des déménagements, très concentrée au Québec autour du 1er juillet, constitue également un facteur de propagation. Des meubles ou des boîtes en carton provenant d’un logement infesté peuvent introduire des coquerelles dans un nouvel appartement sans que le nouveau locataire s’en rende compte.
Selon des enquêtes menées par la Direction régionale de santé publique de Montréal, environ 3 % des ménages montréalais auraient eu des coquerelles en 2018. Leur présence n’est donc pas liée à un manque de propreté, mais à la réalité du milieu urbain dense.
Le climat montréalais en cause
Les hivers rigoureux ne freinent pas les coquerelles — au contraire, ils les poussent à l’intérieur. Dans les bâtiments chauffés, elles restent actives et continuent de se reproduire toute l’année autour des appareils électroménagers, des tuyaux et des espaces chauds. En été, la chaleur et l’humidité élevée accélèrent leur cycle de reproduction, particulièrement dans les sous-sols et les salles de bain mal ventilées. Il n’y a donc pas de saison sans risque dans le contexte montréalais.
Les trois espèces les plus courantes à Montréal
Montréal abrite principalement trois espèces de coquerelles. Chacune a ses caractéristiques propres, ses habitudes de vie et ses zones de prédilection. Les connaître vous permet d’identifier plus rapidement ce à quoi vous avez affaire.
La coquerelle germanique (Blattella germanica)
C’est l’espèce la plus fréquemment rencontrée dans les logements montréalais. Elle mesure entre 1,3 et 1,6 cm de long. Son corps est brun pâle, avec deux bandes sombres parallèles bien visibles sur le pronotum, la plaque située juste derrière la tête.
Habitudes de vie : La coquerelle germanique affectionne les environnements chauds et humides. On la trouve le plus souvent dans les cuisines et les salles de bain, à proximité des sources de nourriture et d’eau. Elle est omnivore : miettes, résidus alimentaires, papier, savon — presque rien ne lui résiste.
Cycle de vie : Cette espèce se reproduit rapidement. Une femelle peut produire plusieurs oothèques dans sa vie, chacune contenant entre 30 et 40 œufs. Les nymphes atteignent leur maturité en environ 60 jours. Une infestation non traitée peut donc croître très vite.

La coquerelle américaine (Periplaneta americana)
La coquerelle américaine est la plus grande des trois espèces présentes à Montréal. Elle mesure entre 2,8 et 4 cm de long. Son corps est brun rougeâtre, avec un contour jaune pâle autour du pronotum. Elle est capable de voler sur de courtes distances, mais se déplace surtout rapidement au sol.
Habitudes de vie : Elle préfère les endroits sombres, chauds et humides : sous-sols, égouts, systèmes de drainage. On la rencontre plus souvent dans les immeubles à logements multiples et les commerces que dans les maisons unifamiliales. Elle est omnivore et peut se nourrir de matières en décomposition.
Cycle de vie : Son cycle de reproduction est plus lent que celui de la coquerelle germanique. Les femelles pondent des oothèques contenant 12 à 16 œufs, et les nymphes mettent entre 6 et 12 mois pour arriver à maturité.

La coquerelle orientale (Blatta orientalis)
La coquerelle orientale mesure entre 2,5 et 3 cm de long. Elle est de couleur brun foncé à noire, avec un corps plus trapu que les deux autres espèces. C’est souvent elle que les gens désignent comme « coquerelle noire ».
Habitudes de vie : Elle préfère les zones fraîches et humides, comme les sous-sols, les caves et les espaces creux entre les murs. Contrairement à la coquerelle germanique, elle tolère mieux le froid et peut survivre à l’extérieur dans des conditions plus rigoureuses.
Cycle de vie : Les femelles pondent des oothèques contenant environ 16 œufs. Les nymphes mettent près d’un an pour atteindre leur maturité. Sa reproduction est plus lente, mais sa résistance aux conditions difficiles en fait un nuisible tenace.

Tableau comparatif des trois espèces
| Caractéristique | Germanique | Américaine | Orientale |
|---|---|---|---|
| Taille | 1,3 – 1,6 cm | 2,8 – 4 cm | 2,5 – 3 cm |
| Couleur | Brun pâle + bandes | Brun rougeâtre | Brun foncé à noir |
| Zone préférée | Cuisine, salle de bain | Sous-sol, égouts | Cave, sous-sol frais |
| Vitesse de reproduction | Très rapide (60 jours) | Lente (6–12 mois) | Lente (~1 an) |
| Présence en hiver | Oui (intérieur chauffé) | Oui (intérieur chauffé) | Oui + extérieur possible |
Comment identifier une infestation ?
Les signes courants à repérer
Une coquerelle aperçue en plein jour est souvent le premier signal d’alarme. Ces insectes sont nocturnes par nature : leur apparition dans la journée indique généralement que leur cachette habituelle est surpeuplée. D’autres signes permettent de confirmer une infestation :
- Excréments : petits points noirs ressemblant à du poivre moulu, visibles près des sources de nourriture ou le long des plinthes.
- Oothèques : capsules d’œufs brun foncé déposées dans des recoins cachés — derrière les appareils, dans les fissures.
- Mues : carapaces vides laissées par les nymphes en croissance.
- Odeur : une infestation importante dégage une odeur huileuse ou légèrement moisie, causée par les phéromones sécrétées par les coquerelles.
Différencier les espèces selon les indices laissés
Les traces laissées par chaque espèce peuvent vous aider à les identifier sans les voir directement. Les excréments de la coquerelle germanique sont petits et ressemblent à des taches de poivre, tandis que ceux de la coquerelle américaine sont plus gros et cylindriques. L’endroit où vous trouvez les signes est aussi révélateur : des indices dans une cave fraîche ou un sous-sol peu chauffé pointent davantage vers la coquerelle orientale, alors que des traces dans un placard de cuisine suggèrent la présence de la germanique.

Zones à surveiller dans votre domicile
Certains endroits de votre logement concentrent davantage les risques, chaleur, humidité et accès à la nourriture réunis au même endroit. Voici où porter votre attention en priorité :
- Cuisine : sous l’évier, derrière et sous les appareils électroménagers, dans les placards, autour des poubelles.
- Salle de bain : derrière les toilettes, sous les lavabos, autour des tuyaux et des joints de silicone.
- Sous-sol : dans les espaces de rangement, les buanderies, autour des tuyaux et des conduits.
- Espaces cachés : derrière les murs, dans les fissures, derrière les plinthes, dans les joints mal scellés.
Si vous trouvez des signes d’infestation, la prochaine étape est d’agir rapidement. Notre article sur les actions immédiates en cas de découverte d’une coquerelle vous guide pas à pas.
Conclusion
Identifier l’espèce présente dans votre logement est une étape essentielle pour évaluer l’ampleur de la situation et choisir la bonne intervention. Que vous ayez affaire à une coquerelle germanique dans votre cuisine, une coquerelle américaine dans votre sous-sol ou une coquerelle orientale dans votre cave, une chose reste constante : plus tôt vous agissez, plus facile sera le contrôle. Si vous avez des doutes sur l’étendue de l’infestation, l’équipe d’Integral XT est disponible pour une évaluation professionnelle.
Foire aux questions (FAQ)
Pourquoi est-ce qu’il y a des coquerelles chez moi à Montréal ?
La présence de coquerelles ne reflète pas le niveau de propreté de votre logement. À Montréal, elles se propagent facilement entre les unités via les conduits communs, les fissures et les espaces partagés des immeubles. Elles peuvent aussi être introduites via des boîtes en carton, des meubles d’occasion ou des sacs d’épicerie provenant d’un endroit infesté.
Quelle est la taille d’une coquerelle ?
La taille varie selon l’espèce, en effet la coquerelle germanique, la plus fréquente dans les logements, mesure entre 1,3 et 1,6 cm. Alors que la coquerelle américaine peut atteindre 4 cm et la coquerelle orientale se situe entre les deux, autour de 2,5 à 3 cm.
Est-ce que la coquerelle noire est dangereuse ?
Ce que les gens appellent « coquerelle noire » est généralement la coquerelle orientale. Comme toutes les coquerelles, elle peut transporter des agents pathogènes et contaminer les surfaces ou les aliments. Elle peut aussi déclencher des réactions allergiques chez certaines personnes. Sa présence mérite une intervention rapide.
À quelle période de l’année les coquerelles sont-elles plus actives ?
Les coquerelles sont actives toute l’année dans les bâtiments chauffés. En été, la chaleur et l’humidité accélèrent leur reproduction, les infestations sont plus fréquentes entre juin et septembre. En hiver, elles restent confinées aux espaces intérieurs chauds mais continuent de se reproduire.