En octobre, ou par une journée ensoleillée de février, des mouches apparaissent aux fenêtres des chambres du haut. Elles sont plus grosses qu’une mouche domestique, volent lentement, se cognent contre la vitre et se laissent attraper facilement. Le réflexe est de chercher une poubelle oubliée ou un animal mort. Le plus souvent, il n’y en a pas : ce sont des mouches des greniers (genre Pollenia), qu’on appelle aussi mouches de cluster. Elles ne se sont pas reproduites chez vous ; elles sont venues y passer l’hiver.
Les reconnaître
- Taille : 8 à 10 mm, un peu plus grosse qu’une mouche domestique.
- Couleur : gris foncé, avec un abdomen en damier gris argenté.
- Le détail qui ne trompe pas : des poils fins et dorés sur le thorax, visibles à la loupe ou de près. Ils s’usent avec l’âge, mais il en reste presque toujours.
- Les ailes : au repos, elles se superposent sur le dos, comme des ciseaux fermés.
- Le comportement : lentes, maladroites, regroupées aux fenêtres ensoleillées, souvent aux étages supérieurs et du côté sud ou ouest.
La mouche domestique, elle, a quatre bandes noires bien nettes sur le thorax et pas de poils dorés. Les toutes petites mouches aux yeux rouges qui tournent autour des fruits sont des mouches à fruits, un tout autre problème.
D’où elles viennent : votre pelouse
Le cycle de vie de la mouche des greniers explique tout. Ses larves sont des parasites des vers de terre : la femelle pond dans le sol, la larve s’introduit dans un ver et s’en nourrit. Les adultes se développent ainsi tout l’été dans les pelouses, les champs et les terrains gazonnés.
À la fin de l’été et à l’automne, les adultes cherchent un endroit pour passer l’hiver. Comme les coccinelles asiatiques, ils se posent sur les murs chauds et ensoleillés, puis entrent par les moindres fentes : bord des soffites, revêtement, cadres de fenêtres, évents. Ils se regroupent dans l’entretoit, les murs et les espaces entre les planchers, où ils restent engourdis.
C’est pourquoi les maisons entourées de gazon, en banlieue ou à la campagne, sont les plus touchées, et pourquoi les mêmes maisons en reçoivent année après année. Ce n’est pas un signe de malpropreté.
Pourquoi elles apparaissent en plein hiver
Une journée ensoleillée réchauffe le mur ou l’entretoit ; le chauffage fait le reste. Les mouches se réveillent, rampent vers la lumière et finissent dans les pièces au lieu de ressortir. Elles meurent en quelques jours, d’où les petits tas de mouches mortes sur le rebord des fenêtres. Au printemps, celles qui restent tentent de sortir, et on en voit de nouveau aux fenêtres.
Si ce ne sont pas des mouches des greniers
Des mouches à l’intérieur peuvent aussi venir d’une source qui, elle, demande une action rapide :
- des asticots dans la cuisine, la poubelle ou au sol : les mouches se reproduisent chez vous (voir notre article sur les larves de mouches) ;
- des mouches vert métallique ou bleues en grand nombre dans une seule pièce, accompagnées d’une odeur : souvent un rongeur ou un oiseau mort dans un mur ou un plafond.
Dans ces deux cas, il faut trouver et retirer la source ; un insecticide n’y changera rien.
Les retirer
- Aspirateur, directement aux fenêtres, puis le sac jeté. C’est la méthode la plus simple et la plus propre.
- Piège lumineux dans l’entretoit ou une pièce peu utilisée : il capture celles qui se déplacent, sans produit.
- Rubans collants près des fenêtres : utiles comme indicateurs, peu efficaces seuls (voir notre article sur les collants à mouches).
- Évitez de vaporiser dans les murs. Des centaines de mouches mortes dans un mur ou un entretoit attirent les dermestes, dont les larves s’attaquent ensuite aux lainages et aux aliments secs.
Les empêcher d’entrer
Comme pour tous les insectes qui hivernent dans les maisons, la solution durable est l’exclusion, faite à la fin de l’été, avant leur arrivée :
- grillager finement les évents de l’entretoit, de la salle de bain et de la sécheuse ;
- sceller la jonction entre le revêtement, le fascia et les soffites ;
- calfeutrer le tour des fenêtres et des portes, côté extérieur ;
- réparer les moustiquaires ;
- sceller les entrées de câbles, de tuyaux et de climatiseurs muraux.
Les ouvertures à sceller sont les mêmes que pour les punaises qui entrent à l’automne. Un traitement extérieur des murs ensoleillés, appliqué à la fin de l’été avec un produit dont l’étiquette vise les mouches, peut réduire le nombre d’insectes qui s’y posent. Il complète le calfeutrage, sans le remplacer.
Quand appeler
- Vous en ramassez des dizaines chaque jour.
- Vous ne trouvez pas par où elles entrent, ou l’entretoit est difficile d’accès.
- Vous voyez des asticots ou sentez une odeur : il faut trouver la source.
Notre plan de protection résidentiel prévoit un audit de la maison et des traitements du périmètre. Pour une évaluation, écrivez-nous ou appelez au 514 638-8705. L’estimation est gratuite.
Vous ne savez pas exactement ce que vous avez trouvé ? Notre guide des insectes dans la maison au Québec vous aide à l’identifier selon l’endroit et la saison.
Questions fréquentes
Les mouches des greniers sont-elles dangereuses ?
Elles ne piquent pas et ne se reproduisent pas dans la maison. Elles sont surtout une nuisance. Évitez quand même qu’elles meurent en grand nombre dans les murs.
Pourquoi toujours dans les chambres du haut ?
Elles hivernent dans l’entretoit et les murs supérieurs, exposés au soleil. C’est de là qu’elles redescendent vers les pièces les plus proches.
Est-ce que je dois traiter ma pelouse ?
Non. Leurs larves vivent dans les vers de terre, utiles au sol. Traiter la pelouse n’empêcherait pas les mouches des terrains voisins de venir.