Punaises dans la maison à l’automne : punaise marbrée, punaise des cônes ou punaise des bois ?

En octobre, une grosse punaise brune traverse le plafond du salon, ou bourdonne bruyamment contre une lampe. La première question est presque toujours : « Est-ce une punaise de lit ? » La réponse est non. Les punaises qui entrent dans les maisons à l’automne au Québec cherchent seulement un abri pour l’hiver. Encore faut-il savoir laquelle vous avez, parce que l’une d’elles est surveillée de près par le ministère de l’Agriculture.

D’abord : ce n’est pas une punaise de lit

Punaises d’automnePunaise de lit
Taille12 à 20 mm5 à 7 mm, comme un pépin de pomme
AilesOui, elles volentNon, elle ne vole pas
FormeEn écusson ou allongéeOvale et très plate
Où on la voitFenêtres, plafonds, luminaires, en plein jourMatelas, sommier, tête de lit, surtout la nuit
Pique les humainsNonOui

Si l’insecte que vous avez trouvé est petit, sans ailes, et que vous avez des piqûres au réveil, lisez plutôt notre article sur les piqûres de punaises de lit et notre fiche sur les punaises de lit.

Les trois punaises qu’on trouve à l’automne

La punaise occidentale des cônes : la plus fréquente

Longue de 15 à 20 mm, brun-roux, elle a de longues pattes et un détail qui ne trompe pas : les pattes arrière élargies, comme une petite feuille. Sur le dos, une fine ligne blanche en zigzag. En vol, elle bourdonne fort et montre un abdomen orangé rayé de noir. Manipulée, elle dégage une odeur de résine ou de pomme verte.

Originaire de l’Ouest américain, elle s’est répandue jusque dans l’Est du Canada. Elle se nourrit des graines de pins et d’autres conifères : les maisons entourées de conifères en reçoivent davantage. Espace pour la vie précise qu’elle cherche un abri à l’approche du froid, ce qui l’amène près des habitations et parfois à l’intérieur. Elle est sans danger pour vous et pour la maison.

La punaise marbrée : celle qu’il faut signaler

Longue de 12 à 17 mm, en forme d’écusson, brun grisâtre « marbré ». Pour la reconnaître, regardez deux endroits :

  • les antennes : des anneaux pâles sur les derniers segments ;
  • le bord de l’abdomen, qui dépasse des ailes : une alternance de bandes claires et foncées.

Originaire d’Asie, la punaise marbrée (Halyomorpha halys) a été observée pour la première fois au Québec en 2014, et des adultes comme des jeunes sont capturés chaque année sur l’île de Montréal depuis 2016, selon le MAPAQ. Dans la maison, elle est inoffensive : la Ville de Montréal indique qu’elle ne présente aucun danger pour la santé humaine ou animale. Le problème est agricole : elle s’attaque aux vergers, aux petits fruits et aux légumes. C’est pourquoi elle est suivie de près, et pourquoi une observation hors de Montréal intéresse les spécialistes.

Comme la coccinelle asiatique, elle passe l’hiver en groupe dans les bâtiments. Elle cherche ses sites d’hivernation quand les jours raccourcissent, en septembre et en octobre.

Les « punaises des bois » : nos espèces indigènes

Au Québec, on appelle souvent « punaise des bois » toutes les punaises en écusson. Les espèces indigènes, brunes ou vertes, ressemblent à la punaise marbrée, mais n’ont ni les anneaux pâles aux antennes ni les bandes contrastées sur le bord de l’abdomen. Certaines ont les « épaules » pointues ; d’autres ont une texture d’écorce. Elles entrent dans les maisons beaucoup plus rarement et en petit nombre.

Ce qu’elles font chez vous

Aucune de ces punaises ne se reproduit dans la maison, ne pique les humains, ne mange le bois ou les aliments. Elles passent l’hiver engourdies dans les murs, l’entretoit et les cadres de fenêtres, et ressortent au printemps. Celles que vous voyez dans les pièces sont attirées par la chaleur et la lumière.

Les inconvénients : l’odeur quand on les écrase (d’où leur nom anglais, stink bug), les taches sur les tissus, et le bruit de vol de la punaise des cônes. Comme pour les coccinelles, des dizaines d’insectes morts dans un mur attirent les dermestes.

Les retirer

  • Aspirateur avec un bas de nylon glissé dans le tuyau, puis le bas jeté dans un sac fermé. Sans ce truc, l’odeur reste dans l’aspirateur.
  • Pot d’eau savonneuse : on fait tomber la punaise dedans en tenant le pot dessous ; elle se laisse tomber quand on la dérange.
  • Pas d’écrasement, surtout sur les rideaux et les draps.
  • Pas d’insecticide à l’intérieur : il n’atteint pas celles qui sont dans les murs et laisse des résidus là où vous vivez.

Les garder dehors : août et septembre

La seule solution durable est l’exclusion, faite avant leur arrivée. C’est le même travail que pour les coccinelles asiatiques et les mouches des greniers :

  • calfeutrer le tour des fenêtres, des portes et des climatiseurs muraux ;
  • sceller la jonction entre le revêtement et les soffites, et les fissures des fondations ;
  • grillager finement les évents de l’entretoit, de la salle de bain et de la sécheuse ;
  • réparer les moustiquaires, y compris celles des fenêtres de sous-sol ;
  • sceller les entrées de câbles et de tuyaux.

Un traitement extérieur de périmètre peut réduire le nombre d’insectes sur les murs, à condition d’utiliser un produit dont l’étiquette vise l’insecte et d’être appliqué avant l’entrée en hivernation. Il complète le calfeutrage ; il ne le remplace pas.

Quand appeler

  • Vous en trouvez des dizaines dans les pièces, chaque jour.
  • Vous ne savez pas par où elles entrent.
  • Vous pensez avoir une punaise de lit : une inspection règle la question rapidement.

Pour une évaluation, écrivez-nous ou appelez au 514 638-8705, 24 heures sur 24. L’estimation est gratuite.

Vous ne savez pas exactement ce que vous avez trouvé ? Notre guide des insectes dans la maison au Québec vous aide à l’identifier selon l’endroit et la saison.

Questions fréquentes

La punaise marbrée est-elle dangereuse ?

Non. Elle ne pique pas et ne transmet pas de maladies. Elle est surveillée parce qu’elle endommage les cultures, pas parce qu’elle menace les gens.

Pourquoi en vois-je en plein hiver ?

Le chauffage ou une journée douce réveille celles qui hivernent près d’une surface chaude. Elles se dirigent vers la lumière et finissent dans les fenêtres.

Vont-elles revenir l’an prochain ?

Probablement, si les ouvertures restent les mêmes. Les maisons envahies une année le sont souvent la suivante. Le calfeutrage de la fin de l’été est ce qui change la donne.